Retour en ville : 3 jours à Medellìn et Guatapé

Jour 1 : 
Réveil à 6h50 pour prendre le bus de 8h. Pas de chance, il ne reste plus de places (la faute au Pape qui est à Medellìn en ce moment – il a choisi le même parcours que nous en fait) donc on doit attendre le prochain, 2h plus tard. On commence à se destresser un peu avec le temps, d’habitude notre réflexe de parisiens aurait été de crier au désespoir mais là on le prend plutôt bien ! Le trajet se passe nettement mieux qu’à l’aller. Les freins crissent un peu et les dépassements par la gauche dans les virages sont toujours de la partie mais il y a moins de ravins et on va moins vite (ou alors on s’est déjà habitués…).
Arrivés sur place on part à la recherche de notre Airbnb (loué pour 1 nuit) à pieds. Ce n’est qu’à 30 minutes du terminal de bus. Mais c’est les minutes de Fabien il a une petite tendance à sous-estimer l’effort pour ne pas me décourager. On met 45 minutes avec les sacs et la chaleur ça pique un peu quand même. Mais il fait chaud et ça fait du bien ! Le soir on mange chez Crêpes & Wafles, une chaîne de restos qu’on a découverte à Bogota. Ce n’est pas la meilleure cuisine du monde mais c’est ouvert tard (= on peut arriver à 20h30, ce qui est rare ici) et ce n’est pas trop cher. On mangera dans un resto typique une autre fois.

Jour 2 : 
Le matin : changement de chambre, nous avons réservé 2 nuits dans un hostel à Poblado, le quartier des « gringos » Aka gringoland. C’est vrai qu’on croise beaucoup de touristes (comme nous) mais en même temps c’est super joli, il y a une rivière qui passe au milieu, beaucoup d’arbres, de palmiers, des petits restos avec des guirlandes partout… on prend rapidement nos aises. Notre hostel est cool aussi, il y a une terrasse et un patio avec une petite fontaine.
Après un petit déjeuner en terrasse servi à 8h pétante. Des fruits, un jus, un café et une omelette. On ne le sait pas encore mais il fera office de déjeuner. On décide de marcher jusqu’au Pueblito Paisa. C’est à 4-5 km mais on aime bien découvrir la ville comme ça et puis bon le métro on a déjà donné dans notre vie parisienne. Le village est une réplique d’un village de la région d’Antioqua, qui se trouve en haut de la colline Nutibarra. Au centre du village se trouve une petite place entourée d’une église et de jolis bâtiments.

Pueblito Paisa

Forcément on croise des sœurs, et aussi le Pape Francisco. Instant photo obligé 😉

Fabian y Francisco

Fabien teste aussi un jus de fraises tellement délicieux qu’il n’y a pas de mots pour le décrire. Ici tous les repas sont pris avec des jus de fruits. Ce n’est pas le top niveau nutritionnel mais c’est vraiment bon !

Difficile de choisir !

La colline sur laquelle on se trouve offre aussi une vue imprenable sur la ville, on réalise alors seulement à quel point c’est étendu. 3,5 millions de personnes vivent ici, c’est la principale ville du pays en fait. Petit retour à pieds pour conserver notre rythme de grands sportifs et resto à côté de l’hôtel avant de se coucher tôt. Après s’être cassé le nez dans un restaurant qu’on avait repéré l’après-midi, on leur avait dit qu’on reviendrait ce soir goûter leur fabuleux bandeja paisa. Fabien en salivait depuis des heures mais on n’a pas compris il était fermé. La fille nous a rigolé au nez.
Elle : « vous voyez bien que c’est fermé.  »
Nous : (dans notre meilleur espagnol) « Bah… mais…oui mais c’est pas normal ! on est venu y a 4 heures. »
Elle: « oui ce n’est pas normal. On devrait être ouvert. »
Nous : « ….mais..euh du coup… non rien… »

Jour 3 :
Petit déjeuner à l’hostel: ici on mange du riz, des œufs, du pain, du fromage, des fruits. C’est complet quoi.
Départ pour le village de Guatapé et la Piedra del Peñol qui se trouvent à 2h de bus de Medellin. On commence par monter en haut de la Piedra, 740 marches tout de même… heureusement il y a un décompte toutes les 25 marches, comme ça on peut s’encourager (ou se décourager). Sur le chemin j’essaie de me rappeler du nombre de marches pour arriver en haut du Machu Picchu… ça à côté, c’est juste un gentil petit entraînement 🙂

Enfin là haut…

La vue là haut est sublime, on découvre la vallée qui a été inondée par le gouvernement dans les années 80 afin de créer une zone hydroélectrique. On essaie aussi de deviner quelle était la résidence secondaire de Pablo Escobar car il venait ici régulièrement.

L’après midi on visite le village de Guatape, les maisons sont toutes colorées. Sur la partie inférieure, des frises mettent en avant l’histoire du village : ce sont des scènes de la vie quotidienne ou des symboles de la région. L’église de la place principale célèbre une messe et fait salle comble. Un jour de semaine à 17h, on ne verrait jamais ça en France !
En se perdant dans les rues, Fabien découvre un chemin qui mène à un mirador. C’est un peu notre hobbie ces derniers temps donc on décide de monter 😉 C’est beau car on voit Guatape d’un côté et la vallée de l’autre. Par contre ils sont en train de construire de grandes résidences juste à la sortie du village, c’est triste car cela risque de dénaturer ce village qui est si joli.

On ne reste pas plus longtemps car un énorme orage nous surprend et nous oblige à rentrer sur Medellin. Le soir, dîner frugal à l’hostel avec les restes de nos provisions pour faire des économies. C’est pas glorieux.

Jour 4 : 
On a prévu un programme chargé pour notre dernier jour sur place ! On veut profiter de la ville au maximum avant de partir.
Rendez-vous à 9h pour le Real City Tour, une visite guidée de la ville recommandée par tout le monde sur Trip Advisor. En effet, nous ne sommes pas déçus. Pendant plus de 4h, notre guide Catarina nous emmène à la découverte de Downtown, le quartier historique de la ville. Elle commence par nous raconter que les habitants de la région de Medellìn, antioqua, s’appellent les « Paisas », que du point de vue des autres colombiens ils sont de nature assez fière et ont le business dans le sang. Medellìn a été la premiere ville colombienne a connaître une forte croissance économique, tout d’abord pendant la période de la conquête de l’or, puis grâce au boom du café dans les années 75. Jusqu’au début des années 2000, la ville était très dangereuse, il y avait de nombreux enlèvements et beaucoup de crimes, mais le dernier maire a travaillé dur afin d’éradiquer ce problème, notamment en invertissant dans l’éducation et en mettant en place d’importants plans d’urbanisme. Beaucoup de projets symboliques ont vu le jour, par exemple la place qui recensait le plus de criminalité a été réaménagée et s’appelle désormais la forêt des lumières (en référence aux nombreux lampadaires en néons qui y ont été installés). L’idée qui prédomine c’est d’offrir de super infrastructures dans les lieux insécure, ou très pauvres, une super bibliothèque sorti tout droit de Star Wars dans les favélas.
On passe aussi en revue les mesures prises par le dernier gouvernement, notamment le plan de pacification entrepris récemment, qui inclue les négociations avec les FARC. Catarina nous explique que la situation politique en Colombie est toujours très compliquée aujourd’hui. Pris entre l’extreme droite, l’extreme gauche (farc et beaucoup d’autres) y a les FARC en politique et les FARC militaires c’est pas exactement les mêmes idées. Elle nous dit que le pays est encore en guerre civile et n’a pas assez de recul par rapport aux événements violents qui se déroulent depuis les années 70. C’est d’ailleurs pour cela que cela n’est pas enseigné à l’école aux enfants.
Les groupes extrémistes sont toujours présents et sont tous financés par l’argent de la cocaine, une vraie plaie pour le pays.

Étrangement, ce contexte explique en partie que les colombiens soient très joyeux, plein d’espoir et s’accrochent à chaque événement positif qui se présente. Il ont tellement souffert que chaque bonheur est à prendre. Catarina nous raconte que lors de la victoire de l’équipe de foot de la Colombie contre l’Allemagne il a plusieurs années, le pays a fait la fête pendant 4 jours, comme s’il s’agissait de la victoire de la coupe du monde ! Idem pour la victoire d’un colombien sur une étape du Tour de France. C’est vrai que depuis notre arrivée, on trouve tout le monde très souriant. Les gens ont l’air de s’entraider et sont gentils aussi avec les touristes (léger contraste avec Paris).

Real City Tour à Medellìn

Il est 14h et on meurt de faim, on s’arrête dans un resto traditionnel « La Hacienda », évidemment avec une table sur le balcon pour profiter de la vue. Fabien mange enfin sa bandeja paisa. C’est un plat traditionnel qui compte pas moins de 5 viandes/source de protéines différentes : saucisse, boudin noir, jarret de porc, viande de bœuf, œufs, avocat, haricot, riz, banane plantain… léger tout ça ! Moi je prends un plat végétarien : soupe de haricots rouges/maïs/banane plantain, accompagné d’avocat et de riz (léger tout ça #bis). On sort du restaurant, Fabien est ballonné, il roule jusqu’au métro.

Il nous reste 1/2 journée avant de partir, on choisit de prendre la direction du nord ouest et de nous rendre à « Escaleras, une partie du district de « Comuna 13 », un ancien ghetto réaménagé et dans lequel l’art de rue est très présent. On s’y rend en métro (la grande fierté des habitants de Medellìn) et on fait un petit détour par le métro câble, une sorte de téléphérique qui permet aux habitants des quartiers en hauteur de se déplacer plus facilement. @Anne Hidalgo, on pourrait avoir ça à Montmartre ? C’est un peu comme un manège quand on n’est pas habitués 😉 On voit toute la ville : les grands bâtiments du centre ville, les quartiers résidentiels, les quartiers industriels et aussi les bidonvilles malheureusement. A la périphérie de la ville, de nombreuses habitation de fortune s’entassent (les murs sont en bois ou en tôle). Il est prévu que le maire les transforme en vraies habitations mais cela prend du temps…

Après ce petit détour, on monte dans un bus pour aller à Comuna 13. Le chauffeur a dû rater sa vocation de pilote de rallye. Les pentes sont très abruptes, qu’à cela ne tienne, un coup d’accélérateur, le moteur vrombit, et la rue se retrouve dans une fumée noire. Même les colombiens qui sont avec nous dans le bus se regardent en se demandant ce qui se passe. Ils sont adorables avec nous, on échange des sourires, ils nous disent quel bus prendre, et quand sortir. Méfiants, on résiste un peu à chaque fois, puis finalement, pour le mieux, on fait ce qu’ils nous disent. Une fois dehors, on commence à s’enfoncer dans le quartier. C’est très beau d’un point de vue artistique et assez émouvant, des tags décorent tous les murs des maisons, il y a des messages d’amour et d’espoir… A notre passage, les enfants, parfois en tenue d’écoliers (jupe plissée et chemisette) nous sourient et nous disent « hello », cela les fait rire de voir des étrangers. On se rend aussi compte que c’est un endroit qui devient touristique mais que les habitants vivent toujours dans des conditions assez précaires.

Vue depuis l’entrée de Comuna 13
L’art de rue est toujours aussi présent ici
Ils étaient trop contents qu’on les prenne en photo 🙂

Il est temps de partir, notre bus de nuit direction Carthagene nous attend !

Ce qui nous a marqué à Medellìn :
La taille de la ville, la nuit on peut voir des milliers de lumières sur les collines qui encadrent la ville . C’est fascinant.
La chaleur, il fait bon vivre ici !
Medellin se prononce en fait « Medejin »
Le nombre de policiers dans la ville, nous avons appris qu’en fait la majorité sont des jeunes qui effectuent leur service militaire (ici c’est toujours obligatoire pour les garçons), ça peut être deux ans.
Le travail des enfants, ils sont nombreux à s’occuper de petits stands dans la rue 🙁
On entend parler du tourisme sexuel, on nous demande d’appeler un numéro si on croise un enfant d’ici dans notre hotel. Honte infinie à ces pervers !! Forte heureusement on ne verra rien.
Notre visite guidée, pleine d’enseignements et d’histoires, cela nous permet vraiment de mieux comprendre le pays et la culture locale
Le métro, plus propre et plus moderne qu’à Paris et sa version métro câble vraiment trop cool !

 

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